Les productions

  • Je pense donc Je suis (été 2015)

Cinq acteurs se retrouvent sur scène afin de réfléchir à un thème qui nous touche tous : L’identité. Comment se définir sans perdre de vue notre complexité. Notre définition réside-t-elle dans la culture?  Dans notre profession? Dans notre statut social? Ou encore dans notre appartenance à un pays ? Sommes-nous définit par nos expériences, nos voyages ou par le regard de l’autre? Passant des textes classiques du répertoire théâtral de Shakespeare, au stand-up comique, cette pièce est faite pour réfléchir au sujet de l’identité.

Monologue en ordre d’apparition :

  • Je suis d’un would be pays. De François Godin:

Le personnage de William Dubé, né au Québec, travaille comme contrôleur de train en Europe. Il possède trois passeports sous différents noms et différentes origines. William cherche, dans la neutralité et à comprendre ce qu’est une identité

  • To be or not to be. De Shakespeare

Ce soliloque de Hamlet est tiré de la fameuse pièce du même nom de William Shakespeare. Hamlet se questionne sur son avenir et sur la décision de venger son père. Nous approchons ce monologue sous un angle différent, soit l’affirmation de notre existence et les conséquences qu’elle nous apporte.

  • La saguine : Le métier. D’ Antonine Maillet

La Sagouine, une Acadienne qui n’a pas la langue dans sa poche, nous raconte son vécu, agrémenté de sa vision de la vie. Fille de pêcheur de morue, elle s’entiche de Gapi, un pêcheur d’éperlans. Son récit nous emporte dans son quotidien de femme de ménage, laveuse de plancher et blanchisseuse. Elle est l’incarnation depuis plus de 40 ans de la classe moyenne de l’Acadie dans la culture populaire québécoise.

  • Sols : L’adversiter. De Marc Favreau

Présenté à la télévision québécoise, Sol est un personnage clownesque aux allures de clochard. Du Marc Favreau des pieds à la tête, cet hurluberlu (j’ai toujours voulu utiliser ce mot-là:P) nous fait part de ses réflexions sur ce qu’il est, mais surtout sur ses aspirations. C’est sur un ton enfantin que Sol nous rapporte sa vision de la société et de sa place dans celle-ci.

  • Mayo, bacon, cheese, Identité. De Jennifer Ilfra

Ce texte original est une réflexion comique sur l’identité et ce qui la compose.

Crédit: Noémie Monnereau

Crédit: Noémie Monnereau

  • Les justes (été 2013)

Comment réussir à faire ressentir au spectateur la tension, parfois insoutenable, que vivent les révolutionnaires? La violence est-elle inévitable pour atteindre la justice ? C’est ce que ce demande cinq jeunes idéalistes.

Notre défi était ambitieux. Le sentiment de révolte qui habite la personne qui se sait victime d’injustice est puissant. Sachant qu’on abuse d’elle, sachant que sa dignité d’être humain est bafouée, cette femme (ou cet homme) sert les dents et sa conscience d’exister devient plus forte. Elle se sait un être unique, ressent une pression dans la poitrine et entrevoit la force d’exécution de sa volonté.

La violence est parfois inévitable pour atteindre la justice. Alors que pour Socrate, par exemple, on ne peut jamais répondre à l’injustice par l’injustice [1], pour les terroristes, la révolution passe par le sang et la violence, par le meurtre, celui du Grand-Duc Serge. Comment tolérer cette violence ? Elle doit s’exercer avec mesure. On ne tue pas les innocents: «Quelle que soit la cause que l’on défend, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente où le tueur sait d’avance qu’il atteindra la mère et l’enfant. » [2] C’est dans cet état que se trouvent cinq jeunes russes. Albert camus les situe dans la Russie pré-Révolution, en 1905, alors que le peuple vit dans la pauvreté et la souffrance. Il semble alors que la seule solution soit le meurtre d’une figure de l’oppression.

Pour Kaliayev et Dora, personnages centraux de la pièce, la révolution, bien que violente, tire sa source dans l’amour. Cet amour qui nous permet de déplacer des montagnes, est également ce qui permet de tolérer toutes les horreurs ponctuelles dont le terroriste peut être la cause. L’amour de leurs frères et sœurs, compagnons de souffrance, de même que l’amour des idées, les guident dans la révolution. Ils paieront de leur vie cet amour inconditionnel pour le genre humain, cet amour qu’ils ont également l’un pour l’autre.

[1] « Il n’est jamais bien d’être injuste, ni de répondre à l’injustice par l’injustice, ni, quand on nous fait du mal, de nous venger en le rendant » tiré de PLATON, Apologie de Socrate, Criton et Phédon, Traduction, notice et notes par Émile Chambry, Paris, Garnier Frères, 1965, p.68.

[2] Chroniques algériennes, Édition Gallimard, 1958, p.17 tiré de BOUCHEZ Madeleine, Les justes Camus, Analyse critique, Paris, Hatier, 1974, p.19